Protéger notre environnement du local au global : c’est possible

Contribution du PCF – Aix en Provence –  Luc Foulquier

Réflexions sur le volet écologique du projet d’Aix en Partage pour la ville d’Aix en Provence

Ce texte est le résultat d’une élaboration collective issue des constatations des militant(e)s sur le terrain et des travaux plus généraux du PCF.

Il ne s’agit pas d’un texte figé, ni rédigé dans le détail mais d’un apport qui se veut constructif et qui pourra s’ajouter à d’autres propositions et s’enrichir par les contacts avec les gens et par nos échanges dans les ateliers.

Quelques constats et principes généraux.

Il est possible d’agit tout de suite.

La démocratie, l’écologie et le social forment un tout cohérent.

Il y a 9 millions de pauvres en France, soit 14,7% de la population, qui vit sous le seuil de pauvreté. Notre ville n’est pas à l’écart de ce constat. Les pauvres augmentent depuis 2017 ! Les ultra-riches voient leurs revenus en hausse de 2% en 2020. (Note de l’INSEE du 16/10/2019).

La question des financements est centrale. Il n’y a quasiment plus de fiscalité municipale autonome et les communes ne peuvent plus pratiquement lever l’impôt. Les ressources sont octroyées et conditionnées par la tutelle de l’état. Il s’ensuit que, dans tous les domaines, les marges de manœuvre sont de plus en plus faibles.

Il y a donc besoin d’une grande réforme de la fiscalité locale pour que les communes puissent jouer un rôle incitatif en matière de création de richesses, de transition écologique et d’emplois. (Voir à ce sujet le projet de loi de finances et de l’engagement non tenu des compensations budgétaires à l’euro-près : exemple de la taxe d’habitation).

L’écologie est au cœur des batailles contre la droite, l’extrême droite et le système capitaliste qui régit des rapports de conflits entre les hommes et de destruction de la nature. C’’est cela le constat à gauche (la mise en scène d’une convention citoyenne sur le climat ne pourra pas l’effacer).

Il n’y a qu’à voir ce qu’est la politique gouvernementale : Du surarmement à la réduction des moyens du ministère du développement durable en passant par les privatisations et la casse des services publics… tout est anti-écologique.

Nous récusons toute vision fataliste et culpabilisante d’une humanité vouée à sa propre perte.

Les biens communs (eau, énergie, biodiversité, etc.) doivent être considérés comme les moteurs du développement humain durable.

Avec les gens dans les luttes et les échanges, il faut construire des propositions concrètes qui permettent, en particulier, aux plus démunis de vivre mieux. Cela se réalise par l’écoute et le débat.

C’est tout l’opposé de la démagogie et du clientélisme qui, par ses pratiques, provoque des réflexes clientélistes.

DES PROPOSITIONS.

Il faut éviter d’écrire un « catalogue » ou de rester dans les généralités. (Exercice difficile). On peut choisir quelques grands thèmes et faire quelques propositions pour chacun d’entre eux. Il faut, et c’est essentiel, les faire connaitre, les mettre en débat et les valider pour en faire des axes de notre bataille électorale.

  1. Contre le réchauffement climatique global.

L’objectif urgent c’est la baisse des émissions de gaz à effet de serre, surtout le gaz carbonique (CO2).

C’est une contrainte, un gaspillage énorme et un risque permanent pour les parcours domicile – travail. Le patronat doit donc être sollicité.

Il est indispensable et urgent de développer les transports publics et de fluidifier et diversifier les mobilités :

  • Lignes de bus, accès à la gare TGV et à l’aéroport (exemple et rôle des parkings relais).
  • Aménagement des pistes cyclables, développement des zones piétonnes, carte des cheminements piétons…
  • Restriction drastique des voitures en ville (lutte contre la pollution de l’air et pour la santé).
  • Défense et réouverture des gares et ligne de train (vers Rognac, Pertuis, Briançon,..).
  • Aller vers la gratuité. Pour commencer celle à la journée des parking-relais et pour les jeunes de moins de 25 ans (lycéen(ne)s, étudiant(e)s, jeunes travailleurs (ses) et la priorité des parkings à des tarifs abordables pour les résidents du centre-ville.
  • Bien prendre en compte cette mobilité dans toute la ville : Luynes, Les Milles, La Duranne, Célony, Puyricard, Les Platanes..).
  • Développer les véhicules électriques lors du renouvellement du parc automobile municipal.
  • Logement (2ème émetteur de gaz à effet de serre) et énergie.
  • Logements à construire pour toutes et tous en nombre et qualité.
  • Développer les réseaux de chaleur (biomasse) et les filières de production de chaleur.
  • Assurer la performance énergétique des logements existants par l’isolation thermique. Pour cela le rôle de l’état est essentiel car les propriétaires modestes ne peuvent pas payer et les offices d’HLM doivent assumer leur rôle. Au rythme actuel, on est très loin des 500 000 logements à rénover par ans.
  • Des investissements importants sont à faire (logement, écologie) et les banques devraient consentir des prêts à taux O%. Le gouvernement vient d’annoncer un déblocage de 200 millions d’euros pour 2020 – 2024 ! Il donne 4 milliards d’euros de subvention aux opérateurs du parc éolien de St Brieuc !!!
  • Suivre les dépenses énergétiques des bâtiments communaux. Réduire le plus possible la consommation énergétique par un schéma communal.
  • Développer les panneaux solaires pour le chauffage de l’eau (voir les études industrielles).
  • Assurer le droit à l’énergie et lutter contre la précarité énergétique (le logement c’est environ 40 % des dépenses d’énergie en France !).
  • Actualiser le plan de prévention des risques pour les adaptations nécessaires face au réchauffement climatique.
  • Élaborer le plus précisément possible un plan canicule (structures d’accueil dans les services hospitaliers, les EHPAD ? …).
  • Bâtir la ville sur elle-même ? contre les ségrégations et l’étalement urbain en économisant le foncier.
  • Faire une révision foncière à partir de la valeur patrimoniale pour lutter contre la spéculation sur les loyers.
  • Société plus durable et cadre de vie.
  • Lutter contre le bruit (nocturne, véhicules, …).
  • Améliorer la collecte, le tri, le recyclage des déchets (schéma de plan local, renforcer le ramassage des encombrants, lutte contre les dépôts sauvages, etc.).
  • Développer les secteurs de récupération et de réparation.
  • Aider à la maintenance et à l’installation de commerces de proximité (les zones commerciales sont des facteurs importants d’émissions de CO2 !).

Ces propositions locales s’inscrivent dans des objectifs nationaux et internationaux sur la transition énergétique, les transports publics (fer, fluvial), la rénovation urbaine, les relocalisations industrielles, l’économie circulaire et l’écoconception, la refonte de la politique agricole commune européenne, la lutte contre l’obsolescence programmée, le développement des services publics (eau, déchets, énergie).

Il faut sortir les biens communs de la marchandisation et garantir par l’état les péréquations tarifaires.

  • Il pourrait y avoir la gratuité des premiers mètres cubes d’eau et la limitation des dépenses à 3 % maximum du revenu des familles.
  • Biodiversité.

Ce n’est pas que la protection des espèces ! Mais aussi celle des écosystèmes et le génome.

  • Prescrire l’usage des produits dangereux (glyphosate).
  • Éduquer et former sur la préservation des ressources et de l’environnement (école, muséum d’histoire naturelle, …). Veiller à la qualité de l’alimentation avec des produits bio dans les cantines scolaires et les initiatives municipales.
  • Voir les possibilités de développement du bio autour d’Aix en Provence et les circuits courts (AMAP, ESS, agriculteurs,…).
  • Ne plus construire sur les terres agricoles.
  • Développer les espaces verts, planter des arbres. Pourquoi pas une « trouée verte » entre le centre-ville et la Duranne ? C’est une forte contribution contre la pollution atmosphérique.
  • Établir un schéma directeur des équipements, espaces, jardins partagés.

Ce qui doit dominer, c’est le sérieux des propositions, leur inscription dans un calendrier, la réponse aux besoins des gens, la bataille pour obtenir les moyens financiers, la lutte contre tous les gaspillages et la cohérence des mesures.

La tâche est importante et doit être regardée avec détermination et humilité dans un souci permanent de consultations et d’explications. Cela se construit collectivement.

Fraternellement à toutes et tous.

Luc Foulquier

Ingénieur en écotoxicologie

Membre de la commission nationale écologie – énergie du PCF

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